Étiquette : Économie du développement

  • Appel à contributions – Numéro 4 – « Où en est l’économie du développement aujourd’hui ? »

    RéfÉco – Appel à contributions – Numéro 4 « Où en est l’économie du développement aujourd’hui ? »

    Date limite de soumission des articles 31 Décembre 2023

    Ce numéro thématique de la Revue Réflexions Économiques cherche à dresser un état des lieux de l’économie du développement et à ouvrir un débat argumenté sur ses objets, ses champs, et ses cadres d’analyse.

    A son émergence, au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, l’économie du développement, soutenant les spécificités des pays en développement, s’est attaché à bâtir des corpus théoriques explicatifs qui leur sont adaptés. Cette période des « pionniers » s’est caractérisée par une multiplicité des démarches et une diversité dans la compréhension des facteurs de sous-développement et par une réflexion sur les voies possibles de son dépassement. Les principaux apports concernent les cercles vicieux et la croissance équilibrée (Nurkse), le big push et la trappe de pauvreté (Rosenstein-Rodan), le dualisme des structures (Lewis), la croissance déséquilibrée et des pôles de croissance (Hirshman et Perroux), la théorie de la dépendance (Prebisch, Singer), et le développement du système capitaliste (Gunder Frank, Amin).

    Au cours des années 80, les plans d’ajustement structurel, l’éclatement du Tiers-monde autant que l’émergence des économies du Sud-Est asiatique ont conduit à une réorientation de la tradition de recherche qui a consisté à se soustraire au grief formulé par Shultz (1980) : « L’erreur cruciale est de supposer que l’économie conventionnelle est inadéquate quant à l’analyse des économies des pays à bas revenus ». Il s’en est suivi, la contre révolution néo-classique aidant (Baghawati, Krueger, Lall et Little), une absorption de l’économie du développement par l’approche néoclassique sous l’égide de son référentiel de l’équilibre et ses postulats de base, le comportement optimisateur des agents et l’autorégulation des marchés.

    Le « consensus de Washington », qui incarne le paradigme du développement à l’œuvre aujourd’hui, est le couronnement de cette absorption de l’économie du développement. Il a acquis le statut d’une matrice disciplinaire (Kuhn, 1977). Suite à cette reconfiguration, le marché est tenu pour un dispositif central apte à garantir un équilibre de plein emploi des ressources en même temps que la croissance et l’équité. Aussi, les autorités publiques doivent, d’une part, assurer la stabilité macro-économique et, d’autre part, mettre en œuvre des réformes de structures destinées à libérer les marchés des produits, du travail et du crédit des entraves réglementaires et à renforcer la concurrence. La flexibilité est censée accroître l’efficacité de l’allocation des ressources et soutenir le taux de croissance potentielle. Jaugés à l’aune de la norme de la concurrence parfaite, les défauts du système économique sont ramenés à des imperfections de marché. L’atonie de la croissance, le chômage, la pauvreté, la corruption… sont ainsi imputés au manque de stabilité macroéconomique, à la qualité des institutions ou à l’insuffisante application de réformes structurelles à même d’éliminer les rigidités.  L’économie du développement, suite notamment à sa promotion par les organisations de Washington dans les forums scientifiques et à l’échelle des décisions de politiques publiques, est devenue une discipline carrefour où se croisent la macroéconomie et les politiques économiques, l’économie de la croissance endogène, l’économie des institutions, la microéconomie expérimentale et l’économie de la mondialisation.

    Ce numéro spécial entend accueillir aussi bien des propositions d’ordre théorique et que des articles de facture empirique qui relèvent des thèmes suivants :

    • L’économie de la croissance endogène et le legs des « pionniers » du développement
    • Les politiques monétaire et budgétaire : théorie et modèles appliquées
    • Les réformes des institutions de marché
    • La qualité institutionnelle et la gouvernance : portée et limites
    • Le capital immatériel et le développement
    • Le capital humain et la croissance : quel bilan ?
    • Les défis posés à l’économétrie par la mesure de la croissance potentielle
    • Qu’apportent les expérimentations aléatoires
    • Portée et limites des indicateurs du chômage et de l’emploi
    • Le consensus de Washington à l’épreuve de l’émergence
    • Rodrik et l’économie du développement
    • L’approche par les capacités peut-elle servir d’alternative ?

    Les auteurs sont invités à proposer des articles analytiques ou des articles sous forme de note de lecture synthétisant des rapports ou des contributions originales. Conformément à la ligne éditoriale de la revue, ce numéro vise un lectorat aussi large que possible.

    De ce fait, les articles à soumettre devront tenter de :

    1. Minimiser les aspects trop techniques ; quand ils paraissent indispensables, les mettre en encadré avec un développement du texte qui permette aux non-initiés de les ignorer sans nuire à leur compréhension du reste du texte;
    2. Développer un argumentaire articulé ;

    Ce numéro thématique sera coordonné par:

    • Yasser Tamsamani, docteur en économie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre du laboratoire « Modélisation et Analyse Economiques des Politiques Publiques » de la faculté de droit de Casablanca.
    • Redouane Taouil, Professeur agrégé des universités, CREG, Université Grenoble Alpes.

    Les propositions d’articles complets sont à envoyer par voie électronique à l’email de la revue [contact@refeco.org] et/ou directement à ceux des coordinateurs du numéro [redouane.taouil@yahoo.fr; yassertamsamani@yahoo.fr].

    Calendrier de publication

    • Date limite de soumission : 31 décembre 2023.
    • Sélection des contributions sur la base des rapports des référés : 31 mars 2024.
    • Date de publication : 31 juillet 2024.

    Consignes aux auteurs

    Les contributions doivent se conformer aux normes éditoriales de la Revue. Les consignes à respecter pour soumettre un article sont à lire sur ce lien : https://refeco.org/soumettre-un-article/

  • 1ère édition de la Conférence Internationale sur l’Economie du Développement et l’Analyse des Politiques Publiques (EDAPP 2022)

    Appel à contributions à la 1ère Édition de la Conférence Internationale sur l’Economie du Développement et l’Analyse des Politiques Publiques (EDAPP 2022)

    Organisée par,

    La Faculté des Sciences Juridiques Économiques et Sociales-Ain Chock
    &
    Le Laboratoire de Modélisation et Analyse Économique des Politiques Publiques (MAEPP)

    En Collaboration avec,

    L’Observatoire National du Développement Humain (ONDH)

    Sous le thème :

    Pauvreté et inégalités : dynamiques et perspectives dans les pays en développement Le 08 Décembre 2022 à la FSJES – Ain Chock, Casablanca – Maroc

    Contexte et axes

    L’économie au service du développement

    Bien qu’elles soient anciennes, les questions du développement restent parmi les plus fondamentales de la science économique. Elles s’appuient sur plusieurs de ses branches (microéconomie, macroéconomie, économie internationale, empirisme économique, etc.) et se trouvent de fait au cœur de la discipline. De façon concrète, ces questions ont trait à la recherche et la définition des stratégies et des politiques économiques à mettre en place pour aider les pays pauvres et/ou à revenu moyen à combler leur retard vis-à-vis des pays avancés (en matières d’éducation, de santé, de production, de réduction de pauvreté et des inégalités, etc.). Leur apport ne se limite pas à calquer les recettes de succès tirées des expériences de ces pays mais va bien au-delà, puisque la définition des stratégies s’appuie autant sur la compréhension et l’analyse des processus de développement à l’oeuvre et les freins au développement, que sur la compréhension des spécificités nationales, régionales et locales des pays.

    La conférence EDAPP a pour objectif d’accompagner et de contribuer à nourrir cette quête permanente de nouvelles stratégies et ce souci d’évaluation et de mesure par la recherche académique, la confrontation des idées et le débat des chercheurs entre eux et avec les praticiens. Elle se veut un forum annuel pour discuter les avancées en matière de recherche et les résultats des dernières études portant sur le développement et l’analyse des politiques publiques au Maroc et ailleurs. Son ambition est de servir de pont entre le monde académique et politique en faisant converger les préoccupations des chercheurs, des professionnels/spécialistes de ces questions de celles des décideurs.

    A propos de la première édition

    Cette année une attention particulière sera portée aux contributions traitant les inégalités et/ou la pauvreté.

    En effet, la pauvreté et les inégalités constituent les premiers freins au développement (Stiglitz, 2012) et ce sont donc des défis majeurs auxquels les Etats, notamment à faible et moyen revenu, doivent faire face. Ce sont des phénomènes complexes à manifestations diverses qui impliquent tous les acteurs de la société et qui revêtent un caractère multidimensionnel. En effet, au-delà de l’aspect monétaire et des questions de revenu, la pauvreté et les inégalités concernent d’abord et surtout l’accès à la santé, à l’éducation, aux services financiers, au logement ou encore à l’emploi décents (A. Sen 1999). D’autre part, ce sont des phénomènes qui se sont accentués depuis le début de la crise sanitaire de la Covid-19 et qui sont susceptibles de s’aggraver davantage avec l’inflation et les risques de pénuries engendrés par les tensions géopolitiques mondiales actuelles.

    Ainsi, de par leurs conséquences, formes et dimensions sociales, la pauvreté et les inégalités se sont imposées à l’attention de la communauté internationale des décideurs et des chercheurs et font désormais partie des principaux objectifs de Développement Durable (ODD) à réaliser d’ici l’horizon 2030.

    Les questions d’intérêt dans ce cadre comprennent les axes suivants (sans s’y limiter) :

    • La dynamique de la pauvreté et/ou des inégalités au Maroc ou en Afrique,
    • Les approches de mesure de la pauvreté et/ou des inégalités (toute forme),
    • Les déterminants socioéconomiques de la pauvreté et/ou des inégalités et les mécanismes palliatifs : les enseignements d’expériences internationales,
    • L’impact socioéconomique de la pandémie de la Covid-19 sur la pauvreté et les inégalités, analyse des canaux de transmission,
    • Les dimensions sociales et/ou territoriales des inégalités,
    • La transformation structurelle, la rémunération des facteurs et la répartition des richesses,
    • L’appréhension des divergences et les conditions de convergence des niveaux de développement des régions,
    • L’impact des programmes sociaux sur la pauvreté et les inégalités,
    • Le ciblage des politiques publiques en matière de réduction de la pauvreté et/ou des inégalités.

    Pour toute information ou renseignement

    Contact : edapp1.2022@gmail.com