Document de travail 02 : Secteurs stratégiques au Maroc : un retour à Hirschman et la croissance déséquilibrée

Document de travail 02 : Secteurs stratégiques au Maroc : un retour à Hirschman et la croissance déséquilibrée

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Par :
Youssef Bouazizi & Fouzi Mourji

Résumé :

Inspiré par la théorie de la croissance déséquilibrée hirschmanienne, ce papier discute les méthodes d’indentification des secteurs qui, selon plusieurs critères, jouent un rôle prépondérant dans l’économie marocaine.

Nous mobilisons l’approche développée par Hirchman (1958) pour classer les branches d’activité les plus entrainantes en amont via leurs consommations intermédiaires (intégrées par les achats) et en aval à travers leurs productions (intégrées par les ventes).  La mise en exergue du poids de chaque secteur dans le tissu productif national vise à assurer un meilleur ciblage de l’action publique pour augmenter son efficacité. Par la suite, nous élargissons le champ de l’étude en intégrant, pour la hiérarchisation des secteurs, les critères basés sur la masse salariale distribuée, ce qui approxime leur effet sur l’emploi, sur la contribution aux recettes fiscales et sur l’équilibre de la balance commerciale (effets volume et prix).

Nos résultats montrent, sur la base de traitements sur les tableaux d’entrées sorties de 2018 et de 2007, que les branches qui exercent de forts effets d’entraînements en amont et en aval et qui concernent les activités industrielles par excellence, n’assurent pas une contribution importante dans le produit intérieur brut (8,38% en 2018), ce qui traduit un déséquilibre de la structure productive marocaine. De plus, les branches qui sont fortement intégrées selon le critère de la production ne sont pas celles qui distribuent le plus de salaires et qui contribuent le mieux fiscalement.

En vertu de ces résultats, nous développons quelques réflexions qui permettent d’atténuer les conflits entre objectifs socioéconomiques dans l’implémentation des politiques publiques.